En marge de l’avant-finale de la Coupe du Monde 2026 à New York, l’ancienne gloire de la Seleção, Kaká, a tiré la sonnette d’alarme sur l’état du football de son pays en érigeant le Maroc comme le modèle à suivre.
Le Ballon d’Or 2007 n’a pas mâché ses mots au micro d’ESPN, affirmant de manière lucide que le Brésil est en train de « prendre du retard » face à la progression de nations structurées comme le royaume chérifien. Suite à la campagne très décevante de l’équipe brésilienne, éliminée prématurément par la Norvège en huitièmes de finale, l’ancien meneur de jeu appelle la Confédération brésilienne de football (CBF) et les clubs formateurs à s’inspirer de la vision marocaine pour redéfinir un projet à long terme.
Bien qu’il concède ne pas connaître les moindres détails secrets de la structure interne du projet marocain, Ricardo Kaká s’est dit profondément impressionné par la cohérence des récents résultats des Lions de l’Atlas. Après l’épopée mémorable de 2022 et un nouveau parcours solide en 2026, l’ancien joueur de l’AC Milan voit dans la régularité marocaine le fruit mûr d’une vision méthodique, loin des réactions impulsives à court terme.
Au cœur de cette réussite que le Brésil devrait copier, Kaká met en avant la passerelle parfaite bâtie entre les catégories de jeunes et l’élite. Il a notamment souligné la trajectoire de la génération U20 marocaine, sacrée championne du monde de sa catégorie, qui a fini par approvisionner l’équipe fanion de manière fluide. Le fait que l’entraîneur des jeunes ait ensuite pris les rênes de l’Équipe A symbolise, selon lui, cette continuité technique et humaine indispensable qui fait aujourd’hui cruellement défaut au système brésilien.
« Je ne connais pas (en détails) le projet du Maroc, par exemple, mais il me semble qu’il existe depuis plusieurs années. Ils ont été champions du monde chez les moins de 20 ans, l’équipe des moins de 20 ans alimente l’équipe A, puis l’entraîneur des moins de 20 ans a pris les rênes de l’équipe A. Ils ont perdu contre une équipe de France qui faisait partie des favorites, mais ils ont réalisé une excellente Coupe du monde. Une autre, d’ailleurs, puisqu’ils ont atteint les demi-finales lors de la dernière. Ce sont de bons exemples à suivre. La France aussi, l’Espagne également. Si je ne me trompe pas, 20 joueurs de l’équipe d’Espagne qui a disputé la finale olympique contre le Brésil alimentent aujourd’hui l’équipe A. »
Ricardo Kaká
Pour le champion du monde 2002, le défi ultime de la Seleção sera de combiner cette rigueur structurelle et tactique inspirée du modèle marocain avec le génie naturel de ses propres joueurs. S’il reconnaît avoir beaucoup appris sur la discipline tactique durant ses années en Italie, Kaká insiste sur le fait qu’une réorganisation calquée sur le sérieux du Maroc doit servir de socle pour libérer, et non brider, la créativité, l’improvisation et le précieux ADN du football brésilien.


