Alors que le Sénégal entend contester devant le Tribunal arbitral du sport la décision de la CAF d’attribuer le titre continental au Maroc, l’analyse livrée à Onze Mondial par l’avocat en droit du sport Romain Bizzini permet d’éclairer les enjeux du dossier. Habitué des procédures devant le TAS, l’avocat rappelle que cette juridiction suisse « applique les règlements » et ne se prononce ni sur l’émotion ni sur le ressenti autour d’un match. Selon lui, le cœur de l’examen portera avant tout sur le respect strict des articles 82 et 84 du règlement de la CAN, ainsi que sur les éléments officiellement consignés dans la procédure.
Toujours auprès de Onze Mondial, Romain Bizzini souligne que le recours sénégalais ne sera pas automatiquement suspensif. En clair, si la Fédération sénégalaise souhaite récupérer provisoirement son statut de champion pendant l’instruction, elle devra en faire expressément la demande via des mesures conservatoires. Sur le fond, l’un des principaux débats concernera la définition même du mot « équipe » au moment de l’incident : le TAS devra notamment déterminer si le départ d’une majorité de joueurs, laissant le Sénégal en dessous du seuil minimum pour poursuivre la rencontre, suffit à caractériser un abandon de terrain au sens du règlement.
L’avocat interrogé par Onze Mondial estime par ailleurs que la reprise du match pourrait alimenter l’argumentaire sénégalais, notamment autour d’une éventuelle renonciation marocaine à contester l’incident sur le moment. Mais, dans le silence des textes sur un retour sur la pelouse après avoir quitté le terrain, il considère que les arbitres pourraient surtout retenir la faute initiale. Son sentiment reste donc favorable au maintien de la décision de la CAF, même si plusieurs zones d’interprétation devraient nourrir les débats dans les mois à venir.


