Qualifiés au terme de deux huitièmes serrés, le Maroc et le Cameroun se retrouveront pour une affiche majeure de cette CAN. Les Lions de l’Atlas ont validé leur billet en écartant la Tanzanie (1-0) à Rabat, grâce à un but de Brahim Díaz, déjà auteur de quatre réalisations dans le tournoi, sur une action initiée par Achraf Hakimi. En face, les Lions Indomptables ont éliminé l’Afrique du Sud (2-1), avec un réalisme maximal malgré une domination sud-africaine longtemps marquée.
Le Maroc aborde ce rendez-vous avec une dynamique de résultats globalement ascendante depuis la phase de groupes. Les hommes de Walid Regragui ont terminé en tête de leur groupe avec 7 points, notamment après un succès de référence contre la Zambie (3-0) porté par le doublé d’Ayoub El Kaabi et un but de Díaz. Dans le jeu, le Maroc reste fidèle à une logique de maîtrise et de territorialité : beaucoup de possession, une occupation haute, et une recherche prioritaire des couloirs pour créer des décalages avant de trouver El Kaabi dans la surface. Mais le huitième face à la Tanzanie a aussi rappelé un axe d’amélioration : la conversion des temps forts, malgré des occasions, un but refusé et une frappe sur le bois.
Le Cameroun, lui, arrive avec une trajectoire plus “pragmatique”, structurée autour de la solidité et de la gestion des moments. Deuxième du groupe F derrière la Côte d’Ivoire, il a construit sa qualification sur une base robuste (victoire contre le Gabon, nul contre la Côte d’Ivoire, succès contre le Mozambique) et une capacité à faire mal sur des séquences courtes. En huitième, cette identité s’est confirmée : bloc discipliné, efficacité sur situations et secondes balles, puis résistance dans le dernier quart d’heure après la réduction du score sud-africaine (Makgopa, 88e). Le dispositif à trois derrière, maintenu sur ce match, illustre cette volonté de sécuriser l’axe et de se projeter vite lorsque l’opportunité se présente.
Cette confrontation s’annonce donc comme un duel de styles : contrôle et construction côté marocain, impact et efficacité côté camerounais. La clé pour le Maroc sera de garder sa maîtrise sans se découvrir, surtout sur pertes de balle, et d’être plus clinique dans les 20 derniers mètres. Pour le Cameroun, l’enjeu sera d’absorber les séquences marocaines, de gagner les duels dans l’entrejeu, et de maximiser chaque ballon arrêté ou transition. Dans une CAN où les écarts se font souvent sur un détail, Maroc–Cameroun pourrait se jouer sur la gestion des temps faibles… autant que sur l’inspiration d’un leader offensif.

