La Confédération Africaine de Football (CAF) tiendra ce mardi sa commission disciplinaire afin d’examiner les événements controversés qui ont marqué la finale de la TotalEnergies CAN 2025, remportée par le Sénégal (1-0 après prolongations) face au Maroc, pays hôte.
La séance, initialement programmée dimanche, a été reportée à la demande de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), qui a sollicité un délai supplémentaire afin de préparer sa défense. La FRMF (Fédération Royale Marocaine de Football) a donné son accord à ce report.
Mesures procédurales pour garantir la neutralité
Dans un souci de transparence et afin d’écarter tout risque de conflit d’intérêts, la CAF a décidé d’écarter temporairement Ousmane Kane, président sénégalais de la commission disciplinaire, de ce dossier spécifique. Cette mesure vise à préserver la crédibilité et l’impartialité de la procédure.
La commission examinera plusieurs éléments clés :
- le rapport de l’arbitre central congolais Jean-Jacques Ndala ;
- celui de l’observateur du match ;
- les images vidéo (notamment les séquences VAR) ;
- les plaintes officielles déposées par les deux fédérations.
Contexte explosif autour de la finale
La rencontre, disputée à Rabat, a basculé dans la polémique en fin de temps réglementaire (0-0). Après une revue VAR, un penalty a été accordé au Maroc pour une faute sur Brahim Díaz dans la surface sénégalaise.
Quelques instants plus tôt, un but sénégalais avait été refusé pour une faute préalable. L’enchaînement de ces décisions a provoqué une vive frustration : sur instruction de leur sélectionneur Pape Bouna Thiaw, la plupart des joueurs sénégalais ont quitté temporairement le terrain en signe de protestation, entraînant une interruption d’environ 14 à 17 minutes. Ils sont finalement revenus, Brahim Díaz a manqué le penalty (Panenka ratée), et le Sénégal a inscrit le but vainqueur en prolongation par Pape Gueye.
La CAF a rapidement condamné ces « comportements inacceptables » de certains joueurs et officiels, tout comme le président de la FIFA Gianni Infantino, qui a dénoncé des scènes « inadmissibles » sur le terrain et dans les tribunes.
Plaintes et accusations croisées
- La FRMF a annoncé dès le lendemain qu’elle porterait l’affaire devant la CAF et la FIFA, estimant que l’interruption a pu influencer l’issue du match.
- La FSF a multiplié les critiques publiques envers l’organisation, la sécurité (accusations de violences envers des supporters sénégalais, lasers, etc.) et l’arbitrage. Son président a également évoqué une supposée influence marocaine au sein de la CAF des accusations non étayées par des preuves publiques à ce stade.
Sanctions possibles
Selon les règlements de la CAF (notamment l’article 82 relatif au refus de jouer ou au retrait du terrain), les sanctions peuvent aller de :
- amendes financières importantes ;
- matches à huis clos ;
- suspensions pour les joueurs et le staff technique (entraîneur inclus) ;
- jusqu’à, dans les cas extrêmes, la perte du titre (très improbable) ou d’autres mesures lourdes.
Le verdict est attendu dans la journée de mardi, ou au plus tard mercredi. Ce dossier s’annonce comme l’un des plus sensibles de l’histoire récente de la CAN, sur fond de tensions sportives et diplomatiques entre les deux nations.
La décision finale de la CAF sera scrutée sur l’ensemble du continent, alors que le football africain cherche à préserver son image à l’approche des grandes échéances internationales.


