Brahim Diaz a vécu une soirée particulièrement singulière ce mardi. Alors que le Real Madrid venait de décrocher sa qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions après son duel face à Manchester City, l’international marocain a appris, en marge de cette rencontre, que le Maroc était officiellement sacré champion d’Afrique. Une annonce aussi forte qu’inattendue pour le joueur madrilène, qui restait jusque-là associé à l’un des moments les plus frustrants de la finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations.
Dans le contexte d’une soirée européenne déjà chargée en émotions, la nouvelle est venue donner une résonance toute particulière au vécu de Brahim Diaz. Deux mois plus tôt, le milieu offensif avait quitté la finale de la CAN avec un goût amer. Pointé du doigt après sa panenka manquée dans les derniers instants, il avait incarné malgré lui la détresse marocaine au terme d’un match tendu, brouillon et marqué par de longues contestations. Apprendre, cette fois, que le trophée revenait finalement au Maroc a forcément changé la lecture de cet épisode, en transformant une immense déception personnelle en dénouement favorable pour sa sélection.
Ce retournement est la conséquence de la décision rendue par le jury d’appel de la CAF, qui a annulé l’issue initiale de la finale remportée sur le terrain par le Sénégal le 18 janvier dernier. L’instance a estimé que les Lions de la Teranga s’étaient mis en faute après avoir temporairement quitté la pelouse pour protester contre la décision arbitrale accordant un penalty au Maroc, juste après un but refusé aux Sénégalais. En s’appuyant sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN, le jury d’appel a ainsi déclaré le Sénégal forfait et homologué une victoire 3-0 en faveur du Maroc.
Pour Brahim Diaz, cette annonce a donc dû avoir une portée très particulière. Au lieu de rester le joueur de la panenka ratée, il se retrouve désormais membre d’une sélection officiellement championne d’Afrique. Même si son penalty manqué demeure dans les mémoires, la décision de la CAF vient en partie alléger le poids de cette image. Dans une soirée où il célébrait déjà la qualification du Real Madrid, le meneur de jeu marocain a ainsi vu son actualité basculer sur deux fronts, avec au bout un sentiment sans doute bien différent de celui qui l’accompagnait au soir de la finale.


