Il n’y a pas eu de but, mais il y a eu un héros. Mercredi 14 janvier 2026 à Rabat, le Maroc a décroché sa qualification pour la finale de la CAN 2025 face au Nigeria (0-0 a.p., 4-2 t.a.b.). Et au cœur de cette nuit irrespirable, Yassine Bounou a fini par imposer sa loi. La CAF l’a logiquement désigné Homme du match.
Pendant 120 minutes, la demi-finale s’est jouée comme un duel de patience : blocs compacts, espaces rares, et la sensation que le premier faux pas serait fatal. Dans ce contexte, un gardien n’a pas forcément dix arrêts à faire… mais il doit être parfait quand le match bascule sur une action. Bounou l’a été : propre dans ses sorties, calme sur les centres, et surtout glacial dans la gestion des temps faibles, quand le Nigeria cherchait la transition.
Puis est arrivée la séance des tirs au but, ce territoire où l’on juge autant la technique que le mental. Bounou a changé le scénario à lui seul : deux tentatives nigérianes repoussées, celles de Samuel Chukwueze et Bruno Onyemaechi, pour faire pencher définitivement la balance du côté marocain.
Ces arrêts n’ont pas seulement offert un avantage comptable : ils ont cassé la respiration du Nigeria et libéré les tireurs marocains, qui n’avaient plus qu’à finir le travail. Youssef En-Nesyri a transformé le tir au but décisif, envoyant les Lions de l’Atlas en finale, la première depuis 2004.
Dans une CAN à domicile où chaque match ressemble à une épreuve de nerfs, Bounou confirme une réalité : le Maroc n’a pas seulement une équipe, il a un gardien capable de gagner une compétition sur un instant. Dimanche 18 janvier à Rabat, face au Sénégal, c’est encore ce genre de détail — un arrêt, une lecture, une seconde de lucidité — qui peut écrire l’histoire.

