La CAN 2025 entre dans une configuration rare : les quatre demi-finalistes sont tous dirigés par des sélectionneurs africains, une situation que plusieurs médias présentent comme une première depuis 1965.
Ce fait n’est pas anecdotique. Il raconte une évolution tangible du football continental : la montée en puissance de staffs capables d’imposer un cadre tactique clair, d’optimiser la gestion des temps faibles et de naviguer dans la pression propre aux matches couperets. La CAF elle-même met en avant cette lecture, en soulignant l’impact des techniciens africains au sommet de la compétition.
Dans ce dernier carré, Hoalid Regragui porte l’attente la plus lourde : celle du pays hôte, avec une équipe construite pour assumer et durer. En face, le Nigeria d’Éric Chelle arrive avec une dynamique et une confiance affichées, au point que le sélectionneur des Super Eagles a tenu à saluer publiquement le travail de son homologue marocain avant la demi-finale.
L’autre affiche, Sénégal – Égypte, oppose deux écoles d’expérience et de pragmatisme. Le Sénégal de Pape Thiaw a validé sa place dans le dernier carré en maîtrisant son quart contre le Mali (1-0), dans un match où le contrôle et la discipline ont pesé. L’Égypte de Hossam Hassan s’est, elle, sortie d’un quart spectaculaire contre la Côte d’Ivoire (3-2), confirmant qu’elle sait gagner même sans dominer la possession.
Au fond, ce “dernier carré africain” met surtout en lumière un point de méthode : l’exigence de compétition. À ce stade, le débat ne se résume plus à “qui joue le mieux”, mais à “qui gère le mieux” : rythmes, émotions, transitions, et capacité à rester lucide quand le match bascule.

