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Mar 30 2012, 04:29 PM
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![]() Lion de l'Atlas ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Groupe : Membres Messages : 7,004 Inscrit : 7-April 06 Lieu : Chez moi Membre no 4,729 |
Halal Haram . Ce nâest pas forcĂ©ment ce que vous croyez
De lâavortement au don dâorganes, en passant par les pratiques sexuelles dites dĂ©viantes, les crĂ©dits bancaires ou les jeux de hasard. EnquĂȘte sur les vrais et les faux interdits imposĂ©s par lâislam, ou la sociĂ©tĂ©. Tu nâavorteras point. En voilĂ une thĂ©matique qui divise la sociĂ©tĂ©, en opposant deux camps aux arguments bien affĂ»tĂ©s. Le dĂ©bat a en fait Ă©tĂ© relancĂ©, il y a quelques annĂ©es, par la publication dâun chiffre : 600 avortements clandestins seraient quotidiennement pratiquĂ©s au Maroc, mettant sĂ©rieusement en danger la vie de la mĂšre et celle de lâenfant. âCe chiffre et cette rĂ©alitĂ© sont suffisants pour rĂ©clamer la lĂ©galisation de lâavortementâ, scandent Ă lâunisson plusieurs mĂ©decins et acteurs associatifs, dont lâactuel ministre de la SantĂ©, El Hossein El Ouardi. Niet, rĂ©pondent les plus conservateurs, parmi lesquels Bassima Hakkaoui, ministre de la SolidaritĂ© et de la famille. âLâavortement est interdit par la religion parce quâil condamne le droit du foetus Ă la vie. Le lĂ©galiser est trĂšs dangereux pour lâĂ©quilibre de la sociĂ©tĂ©â, explique-t-elle en substance. Un terrain dâentente entre les deux thĂšses reste pourtant possible. Lâavortement pourrait ĂȘtre admis pour des cas extrĂȘmes comme les grossesses suite Ă un viol ou Ă un crime dâinceste. Mais lĂ encore, le passage par une jurisprudence religieuse reste incontournable. Bassima Hakkaoui sâest mĂȘme dĂ©jĂ exprimĂ©e, signe de la sensibilitĂ© de la question, en faveur dâun rĂ©fĂ©rendum populaire ! Fermez les yeux et jouez ! Al Mayssir : câest ainsi que le Coran appelle les jeux de hasard. Interdits formellement en mĂȘme temps que lâalcool, les jeux de hasard sont considĂ©rĂ©s comme le moyen le plus rapide pour ruiner une personne, une famille, une sociĂ©tĂ©. Ceci en thĂ©orie. Dans la pratique de tous les jours, on ferme les yeux, et on joue. On se justifie bien sĂ»r. Celui qui joue au toto-foot ne vous dira jamais quâil mise comme ça, dans lâair. Il suit lâactualitĂ© sportive de tous les jours, connaĂźt les finances des clubs, lâĂ©tat de forme des joueurs, et mĂȘme le degrĂ© dâimpartialitĂ© des arbitres. Pour lui, le toto-foot nâest pas un jeu, mais un mĂ©tier Ă part entiĂšre, une discipline âscientifiqueâ. Câest ce que vous dira aussi le joueur de poker, du tiercĂ© ou des courses canines. âTout ça, câest des maths, des probas, et pas du tout du hasard !â. Lâargument qui vous tue un barbu : les sociĂ©tĂ©s qui ont le monopole des jeux de hasard grand public (Loto, Keno, etc.) sont contrĂŽlĂ©es par lâEtat, et sont donc sous la responsabilitĂ© directe du gouvernement de Sa MajestĂ© Amir Al Mouminine. Alors hram ou hlal ? Juste schizo, en fait. Boire et dĂ©boires Un verset du Coran interdit explicitement de consommer du vin, âĆuvre du diableâ. Les autres formes dâalcool ont, quant Ă elles, Ă©tĂ© interdites via un hadith, prĂ©cisant que âlâalcool est la mĂšre de tous les vices et câest le vice le plus honteuxâ. Et en la matiĂšre, mĂȘme le âpetit verreâ entre amis nâest pas excusĂ© puisquâun autre hadith assĂšne que âtout ce qui peut intoxiquer en grande quantitĂ© est interdit en petite quantitĂ©â. Le serveur lui-mĂȘme Ă qui vous commandez une tournĂ©e est dans lâillicite, dĂ©jĂ . LĂ encore, tout ce pan de lâĂ©conomie, liĂ© entre autres Ă la restauration, au tourisme et aux lieux nocturnes, est mis au ban via un hadith qui affirme quâAllah maudit neuf personnes, en plus du consommateur : âCelui qui le distille, celui pour qui il est distillĂ©, celui qui le transporte, celui chez qui il est transportĂ©, celui qui le sert, celui qui le vend, celui qui profite de lâargent obtenu par sa vente, celui qui lâachĂšte pour lui-mĂȘme et celui qui lâachĂšte pour quelquâun dâautreâ. Ăa fait beaucoup de monde. Tout voile dehors Les Marocaines se couvrent de plus en plus. Le constat est indĂ©niable. Le phĂ©nomĂšne a commencĂ© au dĂ©but des annĂ©es 2000, avec lâapparition de prĂ©dicateurs new age comme le cĂ©lĂ©brissime Amrou Khaled, qui ont fait du port du voile une prioritĂ© absolue pour toute bonne musulmane. Se pose alors une question : celles qui ne portent pas le voile sont-elles de mauvaises musulmanes ? Bien sĂ»r que non. Dans la sociĂ©tĂ©, le port du voile est toujours considĂ©rĂ© comme un choix personnel. De grands leaders islamistes ou des prĂ©dicateurs trĂšs populaires affirment rĂ©guliĂšrement dâailleurs ne pas lâimposer Ă leurs propres filles. Tout au plus, le hijab est donc considĂ©rĂ© comme une sorte dâaboutissement, ou de couronnement, religieux. Il est aussi, on sâen doute, âun moyen pratique pour se fondre dans la foule et Ă©viter les ennuisâ, affirment plusieurs dames. Sous dâautres cieux pourtant, notamment en Arabie Saoudite et dans certains pays du Golfe, le port du hijab (et du niqab) constitue une obligation religieuse et lĂ©gale pour toutes les femmes dans lâespace public. Tu nâaideras personne Ă mourir La loi islamique a Ă©numĂ©rĂ© et spĂ©cifiĂ© les conditions permettant dâĂŽter la vie, considĂ©rĂ©e comme sacrĂ©e en islam. Lâeuthanasie active, oĂč le mĂ©decin traitant prend une mesure directe pour mettre fin Ă la vie du patient, nâen fait pas partie car elle est assimilĂ©e au meurtre mĂȘme si elle se fait avec lâaccord du malade. Qui plus est, la demande du patient est considĂ©rĂ©e comme un suicide, acte interdit en islam oĂč seul Dieu a le droit de donner la vie et de la reprendre. Par contre, lâeuthanasie passive, qui consiste Ă laisser la personne mourir naturellement, est permise. Le malade peut ainsi choisir de ne pas se soigner sans enfreindre lâĂ©thique musulmane. Il a donc la possibilitĂ© dâinterrompre les traitements thĂ©rapeutiques, pharmaceutiques, ainsi que la rĂ©animation artificielle, a fortiori quand sa maladie est incurable et que la poursuite des soins ne fera que prolonger ses souffrances. Sexe oral ? Mmmm⊠âça ne va pas chez toi, docteur ? Mais câest la bouche qui embrasse mes enfants chaque matinâŠâ La rĂ©plique culte de Robert de Niro dans Mafia Blues, rĂ©pondant Ă la question dâun psy sur la fellation, semble partagĂ©e par beaucoup de gens dans notre sociĂ©tĂ©. Sâil est communĂ©ment admis que ce qui se passe dans un lit entre un homme et une femme ne regarde que la vie de couple, dĂšs quâil sâagit de la pratique de la fellation, le mot haram fuse chez une bonne partie de lâopinion dominante. Du moins en mode âonâ⊠En lâabsence dâun texte religieux explicite sur cette pratique, il faudra chercher ailleurs les raisons culturelles Ă cette pratique dĂ©crĂ©tĂ©e haram sans lâĂȘtre rĂ©ellement. ProblĂšme dâhygiĂšne ? Ou dâun prĂ©tendu manque de respect de la partenaire ? Dans tous les cas, le haram, ici, est surtout culturel, mental. Et nâessayez surtout pas de convaincre tous les hommes de gratifier leurs partenaires fĂ©minines dâun cunnilingus pour leur rendre la politesse. Se faire belle, ce âcrimeâ Une femme a parfaitement le droit de se farder le visage du moment que câest lĂ©ger. Si la plupart des croyantes pratiquantes ont le teint blafard, câest plus par souci dâĂ©conomie de fond de teint que par piĂ©tĂ©, car faire cinq ablutions par jour et devoir se remaquiller Ă chaque fois, ce nâest pas trĂšs pratique. Et cela revient tout de mĂȘme cher. Idem pour le vernis Ă ongles : il est dĂ©conseillĂ© car il empĂȘche lâeau de lâablution de pĂ©nĂ©trer les ongles. Quant aux hommes, ils ont droit au khĂŽl pour les yeux, au swak pour la bouche et au parfum. Contrairement aux femmes qui nâont pas le droit de se parfumer, de peur de provoquer la fitna en attirant lâattention des hommes. Quid de lâĂ©pilation ? La Sunna encourage vivement lâĂ©pilation des aisselles et du pubis tous les quarante jours. Avec interdiction de toucher au visage, celles qui sâarrachent le duvet Ă coups de cire froide passent pour des âannamissateâ ou des âmoutanamissateâ. Elles sont coupables dâaltĂ©rer la crĂ©ation de Dieu, mĂȘme si, Ă la base, elles veulent juste se dĂ©barrasser dâun âmonosourcilâ qui les exclut de toute vie sociale. Comme un problĂšme Ă gauche âMange avec la main droiteâ ne cesse de marteler ce grand-pĂšre Ă son petit-fils. Une scĂšne habituelle dans la sociĂ©tĂ© traditionnelle, qui a toujours considĂ©rĂ© les gauchers dâun mauvais Ćil. Un film tout rĂ©cent (Le Gaucher, un court de Fadela Chouika) revient sur le phĂ©nomĂšne et explique les efforts proprement monstrueux consentis par un pĂšre de famille pour forcer son fils, gaucher â nĂ©, Ă se servir de sa main droite⊠La croyance populaire voudrait, en effet, quâon utilise la main droite pour tout ce qui est âbienâ (manger, saluer les gens) et la gauche pour des choses âsalesâ (se laver les pieds et dâautres parties du corps). Celui qui mange de la main gauche, selon les mĂȘmes croyances, inviterait le diable Ă sa table. Il a de ce fait moins de chance dâaller plus tard au paradis⊠De mĂȘme, saluer de la main gauche et entrer dans une mosquĂ©e ou une maison (surtout quand câest la premiĂšre fois) en avançant le pied gauche sont mal vus. DerriĂšre, ce nâest (presque) pas possible Parmi les sourates qui relatent lâhistoire de Loth, il nâest explicitĂ© Ă©crit nulle part que son peuple a Ă©tĂ© chĂątiĂ© pour avoir pratiquĂ© le sexe anal. Il y est plutĂŽt question de âturpitudeâ et de âdĂ©sir charnel outrancierâ entre hommes. Cependant, la sodomie nâest pas un passage obligĂ© au sein dâun rapport sexuel entre deux hommes, et si elle est condamnĂ©e, câest parce quâelle implique un gaspillage de semence qui servirait mieux Ă faire perpĂ©tuer lâespĂšce humaine. En dâautres termes, la sodomie pourrait ĂȘtre Ă lâislam ce que lâonanisme est au christianisme. Quant Ă la sodomie entre deux personnes de sexes opposĂ©s, la Sunna la condamne fermement sous prĂ©texte que la femme nâen ressent aucun plaisir. Evidemment, on parle de sexe anal dans un cadre conjugal. Les fustigateurs de cette pratique stipulent quâelle est tellement grave quâelle Ă©branle le trĂŽne du crĂ©ateur, ce qui nâempĂȘche pas bon nombre de personnes de la pratiquer pour diverses raisons : du pur plaisir Ă un moyen contraceptif bon marchĂ©, en passant par la prĂ©servation de lâhymen. Entre sorciers et jnoun Maraboutisme, voyance, sorcellerie... autant de pratiques qui font partie de lâidentitĂ© socioculturelle marocaine. MalgrĂ© lâinterdiction claire du texte religieux, ces pratiques antĂ©islamiques continuent de rythmer lâhistoire sociale du Maroc. Des dizaines de tombeaux de marabouts sont au cĆur mĂȘme des grandes agglomĂ©rations urbaines. Mieux encore, le maraboutisme est parfois perçu comme le pendant de la mĂ©decine psychiatrique moderne. Câest le cas, par exemple, du cĂ©lĂšbre Bouya Omar oĂč sâexerce encore une âmĂ©decineâ dâun autre Ăąge, au vu et au su de lâEtat qui nâa pas une capacitĂ© dâaccueil suffisante pour tous les patients souffrant de troubles psychiatriques ou sont victimes dâaddictions. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le recours Ă la sorcellerie se fait dans le but de se soigner ou alors, Ă lâopposĂ©, pour jeter un sort Ă quelquâun. Sâil est admis que les voyants et les sorciers ont pactisĂ© avec le diable pour acquĂ©rir des pouvoirs surhumains, le recours Ă leurs services fait toujours dĂ©bat entre halal et haram, et certains nâhĂ©sitent pas Ă invoquer la religion pour lĂ©gitimer les rites de sorcellerie. CarrĂ©ment. Tattoo you Quâon le veuille ou non, le tatouage est une trĂšs vieille tradition marocaine. Pendant des siĂšcles, les femmes, arabes et surtout berbĂšres, ont fiĂšrement arborĂ© des motifs variĂ©s sur leur visage. La coutume est aujourdâhui en perte de vitesse. Fin dâune mode esthĂ©tique, ou dĂ©but dâune mode religieuse ? Dans les textes sacrĂ©s, la pratique nâest pas vraiment en odeur de saintetĂ©. Tout dâabord, il y a ces versets du Coran (sourate Annissa) qui prĂȘtent au diable lâintention dâinciter les humains Ă altĂ©rer la crĂ©ation divine. Ce qui interdirait toute modification du corps, Ćuvre du crĂ©ateur. Ensuite, il existe plusieurs hadiths qui prohibent explicitement le tatouage. Pour les tatouages temporaires, comme le hennĂ©, le dĂ©bat reste ouvert. Certains lâassimilent au tatouage permanent, ce qui le rendrait sinon haram, du moins makrouh (contre-indiquĂ©). Dâautres citent des hadiths oĂč le prophĂšte aurait recommandĂ© son usage dans certains cas. Quoi quâil en soit, le hennĂ© est toujours aussi populaire, et le tatouage permanent retrouve un nouveau souffle auprĂšs de la jeunesse citadine, qui va se faire tatouer auprĂšs de professionnels forcĂ©ment non agréés, puisquâil est lĂ©galement impossible de sâenregistrer en tant que tatoueur dans un tribunal de commerce. Et la Bourse, je peux ? La Bourse, câest branchĂ©, in et halal. Personne ne contredit cela, mĂȘme les oulĂ©ma les plus orthodoxes, et câest gĂ©nial. VoilĂ donc un moyen de se faire de lâargent, sans vraiment travailler, en passant juste un coup de fil Ă son trader tous les matins, en surveillant les Ă©crans de la corbeille, et en jouant sur les variations du marchĂ©. Du jeu quoi, mais qui peut faire de son bonhomme un millionnaire, comme le ruiner. Comme dans un casino, sauf que câest un peu diffĂ©rent, et plus sĂ©rieux. Acheter lâaction dâune sociĂ©tĂ© cotĂ©e en Bourse, câest devenir associĂ© dans lâaffaire et membre de lâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des actionnaires qui vote les grandes dĂ©cisions de la firme. Si la firme gagne, vous gagnez, sinon⊠Câest ce risque, calculable au passage, qui, islamiquement, âhalaliseâ la chose, pourvu que le business oĂč lâon met son argent ne soit pas liĂ© Ă des activitĂ©s considĂ©rĂ©es haram, comme les industries de lâalcool, du jeu⊠ou la transformation de la viande de porc. Un petit joint de temps en temps Rouler un joint ou sniffer de la blanche est-il illicite ? LĂ aussi, la chose a posĂ© et pose toujours problĂšme. Aux premiers temps de lâislam, le dĂ©bat ne se posait pas puisque les musulmans ne dĂ©couvriront les drogues (cannabis notamment) que des siĂšcles plus tard. Mais les thĂ©ologiens ont trouvĂ© la parade en assimilant les vertus, et mĂ©faits, des drogues Ă celles du vin. Sans jamais tomber dâaccord puisquâune partie des oulĂ©ma est restĂ©e rĂ©servĂ©e sur le chĂątiment Ă infliger aux droguĂ©s. Entretemps, le cannabis a investi, Ă une vitesse galopante, les milieux de la âbonne sociĂ©tĂ©â, mettant dâaccord jeunes et moins jeunes, riches et pauvres... Lâhistoire nous apprendra encore que les anesthĂ©sistes musulmans, pionniers en la matiĂšre, ont largement eu recours aux drogues pour leurs vertus mĂ©dicinales. Actuellement, au moment du dĂ©bat sur les vertus thĂ©rapeutiques ou les usages industriels du cannabis, les sociĂ©tĂ©s musulmanes prĂ©fĂšrent regarder ailleurs. Et des milliards de âpĂ©tardsâ partent en fumĂ©e, chaque annĂ©e⊠On lâappelle Al 3ada Assiriya Câest un sujet qui a toujours divisĂ© les oulĂ©ma. Dans lâabsolu, la majoritĂ© estiment que tout acte sexuel (dans le cadre conjugal) ne doit avoir dâautre finalitĂ© que celle de procrĂ©er. Les plus extrĂ©mistes, en plus de le taxer de âpratique maladiveâ, associent lâacte solitaire Ă lâadultĂšre malgrĂ© lâabsence de textes clairs pour appuyer leur thĂšse. Cependant, et depuis les premiers siĂšcles de lâislam, des thĂ©ologiens ont avancĂ© la thĂ©orie du âmoindre malâ. En plus clair, il vaut mieux se masturber que de tomber dans lâillicite, câest-Ă -dire une relation extraconjugale (le zina). De nos jours, les plus Ă©clairĂ©s autorisent la masturbation pour des considĂ©rations parfois techniques : mariages tardifs, âindisponibilitĂ©â de lâĂ©pouse, etc. Dans tous les cas, la question nâa jamais Ă©tĂ© tranchĂ©e et fait toujours dĂ©bat. A plus forte raison quand il sâagit dâune femme. Un tabou au cĆur du tabou, en quelque sorte. Homo ou lesbienne, ça nâest pas pareil LâhomosexualitĂ© est lâun des rares domaines, en matiĂšre de religion, dans lequel les femmes semblent relativement mieux loties que les hommes. Contre sept sourates qui condamnent lâhomosexualitĂ© masculine aux pires des chĂątiments, il nâexiste quâune seule sourate (Annissaâe) qui Ă©voque le lesbianisme. Les femmes en flagrant dĂ©lit peuvent ĂȘtre punies par un enfermement de quelques jours, alors que les hommes sont promis au lynchage. Un paradoxe commun aux trois religions monothĂ©istes qui puisent leur fondement dans le patriarcat. La relative clĂ©mence accordĂ©e aux femmes sâexplique du moment quâil nây a pas de perte de semence et, donc, de transmission du patrimoine... Cela Ă©tant, la religion semble reconnaĂźtre implicitement lâhomosexualitĂ© masculine, puisquâelle promet de beaux Ă©phĂšbes aux fidĂšles promis au paradis. MĂ©langeons-nousâŠmais faisons attention Gare Ă la tentation ! Câest cet argument quâavancent certains thĂ©ologiens pour interdire la mixitĂ©. Des imams, des oulĂ©ma, et mĂȘme des enseignants considĂšrent le âmĂ©langeâ femmes â hommes comme source de malheurs et appellent Ă son interdiction pure et simple. MĂȘme quand elle est validĂ©e Ă des conditions complexes (notamment dans les lieux de travail), la mixitĂ© rĂ©colte beaucoup plus de contre que de pour parmi les religieux. Et dans tous les avis Ă©mis par les uns et les autres, la femme est considĂ©rĂ©e comme la source du problĂšme. Celle par qui la tentation arrive, donc ! Une triste rĂ©alitĂ© au moment oĂč de sĂ©rieuses recherches ont montrĂ© le plus quâapporte un mĂ©lange des sexes, et aux individus et aux sociĂ©tĂ©s, notamment en milieu scolaire. Et lâavenir de la femme nâa jamais Ă©tĂ© de se cloĂźtrer chez elle ou de sortir âcachĂ©eâ de la tĂȘte aux pieds⊠CrĂ©dit haram, mais pas trop Pour se loger, sâacheter une voiture, payer la scolaritĂ© de ses enfants, acheter le mouton de lâAĂŻd ou simplement se divertir, beaucoup de Marocains usent du crĂ©dit bancaire. La pratique, considĂ©rĂ©e pourtant comme haram dans certaines sociĂ©tĂ©s musulmanes, notamment au Moyen-Orient, est largement tolĂ©rĂ©e dans le royaume chĂ©rifien, dont Amir Al Mouminine, le premier imam, est aussi le premier banquier. LĂ -bas, on considĂšre comme Riba, câest Ă dire haram et interdit, tout prĂȘt Ă taux dâintĂ©rĂȘt. Ce qui nâest pas le cas chez nous. Lâusure Ă©tant dĂ©finie - ce nâest pas officiel - par un prĂȘt qui dĂ©passerait un certain taux dâintĂ©rĂȘt, communĂ©ment appelĂ© le TEG, et qui est fixĂ© aujourdâhui Ă un peu plus de 14%. Un crĂ©dit Ă 20% serait donc haram, mais un prĂȘt Ă seulement 5% ou 6% est halal. Un distinguo qui nâest pas fait (bizarrement) quand il sâagit dâĂ©pargne. Le ntiriss perçu sur un compte sur carnet par exemple a toujours mauvaise presse dans la sociĂ©tĂ©, car la pratique renvoie Ă la situation brute de lâusurier, qui sâenrichit sans faire dâeffort. Animal, on est mal Un chien quâon caresse, quâon aime et quâon accueille dans son foyer ? Un chien qui ne sert Ă rien dâautre que dâĂȘtre lĂ ? Le phĂ©nomĂšne Ă©tait trĂšs marginal. Aujourdâhui, il prend de plus en plus dâampleur. Ce qui nâest pas sans poser quelques problĂšmes de conscience Ă leurs heureux propriĂ©taires, quand ils sont des musulmans convaincus. Ă part les chiens qui gardent les troupeaux ou les champs, ou qui aident lâhomme Ă chasser, la possession dâun tel animal ne paraĂźt pas recommandĂ©e. Un hadith indique quâelle est susceptible de diminuer la ârĂ©compenseâ, (ou âlâĆuvreâ) de son propriĂ©taire. Dâautres hadiths avancent que la prĂ©sence dâun chien empĂȘcherait les anges dâentrer dans les maisons, et que si un chien a bu dans un rĂ©cipient, il faut le laver sept fois (et la huitiĂšme avec de la terre) avant de le rĂ©utiliser. Le chat, par contre, est beaucoup mieux acceptĂ©. Parce que, dâaprĂšs les hadiths, le prophĂšte aimait bien les chats⊠Changez-moi ce nez⊠Avoir un visage Ă©clatant, une silhouette mince ou lutter contre les signes de vieillesse, câest possible avec la magie de la chirurgie esthĂ©tique. A en croire les praticiens de cette mĂ©decine, le âmarchĂ©â a le vent en poupe et le nombre de Marocains qui sây adonnent va crescendo. Se refaire le nez, les implants mammaires pour avoir une poitrine plus sexy, augmenter le volume des lĂšvres pour les rendre plus pulpeuses, ou implanter des cheveux, sont des opĂ©rations courantes. Cependant, âdĂ©former le corps que Dieu nous a donnĂ©â ne fait pas lâunanimitĂ©. Les avis divergent et chacun y va de son analyse. Le raccourci qui revient le plus souvent fait le distinguo : dâun cĂŽtĂ©, la chirurgie rĂ©paratrice qui serait possible, notamment aprĂšs un accident, pour limiter les dĂ©gĂąts physiques. Et de lâautre, la chirurgie esthĂ©tique, perçue comme un luxe, voire une perversion. Dans tous les cas, la tentation, pour les âconsommateursâ, est toujours grande, que la chirurgie soit rĂ©paratrice ou esthĂ©tique. Les restes, câest pour les pauvres AprĂšs un repas copieux, que feriez-vous des restes de nourriture ? Ăa vous arrive de les jeter? Pour plusieurs dâentre nous, cela peut ĂȘtre le rĂ©flexe systĂ©matique pour sâen dĂ©barrasser. Mais en islam, ce comportement nâest pas vu dâun bon Ćil. Sans verser dans le halal et le haram, les raisons semblent avoir des considĂ©rations sociĂ©tales. âComment se permettre le luxe de jeter le reste des aliments alors que certains de nos frĂšres crĂšvent la dalle ?â. SolidaritĂ© religieuse oblige, il est donc gĂ©nĂ©ralement conseillĂ© de faire bĂ©nĂ©ficier les personnes dĂ©munies de ses excĂ©dents de nourriture. Mais ce nâest pas la seule raison. La nourriture est dâabord considĂ©rĂ©e comme un don de Dieu. Du coup, tout gaspillage de ce prĂ©sent divin peut conduire, selon certaines croyances, Ă une malĂ©diction du ciel. Bon courage pour dĂ©tecter les frontiĂšres entre religion et superstition ! Tu ne le reprĂ©senteras point La question de la reprĂ©sentation des crĂ©atures divines, et Ă plus forte raison celle du prophĂšte Mohammed, demeure du domaine de lâinterdit. Les oulĂ©ma basent leur raisonnement sur lâacte fondateur du prophĂšte lorsquâil a dĂ©truit les idoles de Quraych. Dans la culture marocaine, en majoritĂ© malĂ©kite, cette position reste de rigueur. Que ce soit en statue, en image ou en cinĂ©ma, reprĂ©senter le prophĂšte tient du sacrilĂšge. Dans le cas du cinĂ©ma, les savants de lâislam vous diront toujours quâun acteur qui multiplie les rĂŽles et les personnages nâest pas digne de reprĂ©senter âSayed Al Khalqâ (seigneur de toutes les crĂ©atures). Cette position fait Ă peu prĂšs lâunanimitĂ© dans le monde musulman, mĂȘme si les chiites admettent dans certaines conditions la reprĂ©sentation des autres prophĂštes. En tĂ©moignent les superproductions iraniennes liĂ©es aux âQassas Al Qoranâ (les rĂ©cits du Coran). De lâart ou du cochon Un tableau, une sculpture, une photo, un film, voire une simple peluche, peuvent relever de lâinterdit dans certaines interprĂ©tations ultra-orthodoxes de lâislam. Dans la culture populaire, ces formes de reprĂ©sentation sont des rĂ©ceptacles privilĂ©giĂ©s pour les âjnounâ. En produire, ou en consommer, devient makrouh et quasi haram. Les oulĂ©ma, quant Ă eux, restent divisĂ©s entre ceux qui considĂšrent que lâacte crĂ©ateur de lâartiste est un affront Ă la volontĂ© divine, et ceux qui admettent que la reprĂ©sentation de la beautĂ© et lâexpression culturelle par lâimage, ou tout autre expression artistique, ne touchent en rien la foi du musulman. Halal ou haram, le dĂ©bat sur cette question reste entier. Les arts traditionnels marocains montrent bien cette position en ce sens que les dĂ©corations florales et gĂ©omĂ©triques semblent ĂȘtre une sorte de compromis qui accepte la crĂ©ativitĂ© sans ĂȘtre confrontĂ© Ă lâinterdit. Une solution bien de chez nous qui fait la part Ă la âwassatiaâ (voie du milieu), sans rĂ©gler le fond du problĂšme. Non-musulmans mais musulmans (quand mĂȘme) Si le mariage avec une non-musulmane est acceptĂ© dans certaines conditions, lâinverse est totalement proscrit. Lâargument avancĂ© est le fait quâun non-musulman ne respecte pas forcĂ©ment la foi de sa compagne musulmane et que la progĂ©niture du couple nâagrandirait pas forcĂ©ment les rangs des âmouminineâ (croyants). Cependant, dans la culture marocaine, des solutions pratiques et lĂ©gales sont largement pratiquĂ©es. Prononcer publiquement la âChahadaâ (profession de foi) devant des adouls et prendre un prĂ©nom musulman est nĂ©cessaire, et parfois suffisant, pour contourner lâinterdit. Dans la culture populaire, le fait est tout de mĂȘme jugĂ© contraire aux bonnes mĆurs. Le couple dans cette configuration est perçu comme Ă©tant exogĂšne Ă la bonne sociĂ©tĂ©. Mais il nâen demeure pas moins tolĂ©rĂ©, par opposition Ă lâexcommunication que lâon retrouve dans dâautres religions. La pilule de la discorde Vous avez sĂ»rement entendu diffĂ©rentes versions quant au fait dâutiliser des moyens de contraception. Certains affirment que ce nâest pas bien et que câest contraire aux valeurs de lâislam. Dâautres vont soutenir que ce nâest pas explicitement interdit et quâil existait mĂȘme Ă lâĂ©poque du prophĂšte une mĂ©thode similaire, et plus classique : celle du coĂŻt interrompu. Il semble Ă©vident que pour de nombreux couples musulmans, câest une question qui se pose. La pilule câest haram ou halal ? Plus quâune tendance, la contraception est devenue un choix de vie. Pilule, prĂ©servatifs, stĂ©rilets... pour certains, il sâagit de retarder lâĂąge du premier enfant, pour dâautres de limiter le nombre dâenfants, voire de ne pas en avoir du tout. Avec un taux de fĂ©conditĂ© dĂ©sormais fixĂ© Ă 2,5, le Maroc affiche une volontĂ© claire de contrĂŽler sa dĂ©mographie, et reconnaĂźt implicitement le recours Ă la pilule. Mais ce qui fait rĂ©ellement dĂ©bat, câest de savoir si oui ou non les couples non mariĂ©s peuvent utiliser ces moyens de contraceptions⊠Greffes, dons et ijtihad Tout est question dâijtihad personnel. Quand un groupe de oulĂ©ma sâoppose fermement au don et Ă la greffe dâorganes, arguant que le corps humain est sacrĂ©, les autres dĂ©clarent licites les opĂ©rations de ce genre, mais dans certaines conditions : la nĂ©cessitĂ© absolue de la greffe, lâaccord du donneur de son vivant, la gratuitĂ©, etc. Les plus Ă©clairĂ©s ont mĂȘme affirmĂ© que le don dâorganes peut profiter Ă un non-musulman, ou en Ă©maner. Si la greffe de cornĂ©e a intĂ©grĂ© le giron du halal, dâautres attendent toujours. Les greffes dâorganes gĂ©nitaux attendront plus que les autres⊠à signaler, tout de mĂȘme, le bon geste de Mustapha Ramid, ministre de la Justice, qui vient de faire don, par testament, devant un juge, de ses organes. Ils sont Ă peine un millier de Marocains dans ce cas. -------------------- ![]() Les 4 miracles d'une femme : Elle peut mouiller sans toucher d'eau ; Elle peut saigner sans se blesser ; Elle peut donner du lait sans manger d'herbe ; mais surtout... Elle peut vous les casser sans y toucher. Samycalement |
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Mar 30 2012, 05:29 PM
Message
#2
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![]() Lionceau Olympique ![]() ![]() ![]() ![]() Groupe : Membres Messages : 780 Inscrit : 16-December 07 Membre no 9,972 |
Pfff vu le style , la legereté avec laquelle il parle de sujet serieux , la pauvresse des arguments et de la recherche ça ne peut etre que ces minables de TELQUEL
-------------------- "Ce nâest que dans lâempire universel romain que lâon peut dire que la culture a Ă©tĂ© un facteur (sous entendu de gouvernement). Le gouvernement aussi des Arabes en Espagne fut quelque chose dâinfiniment distinguĂ© : les plus grands scientifiques, penseurs, astronomes, mathĂ©maticiens, une des Ă©poques les plus humaines, en mĂȘme temps quâune chevalerie colossale. Lorsque, plus tard, y vint le Christianisme, alors on peut dire : les barbares. La chevalerie quâont les Castillans est en rĂ©alitĂ© un hĂ©ritage arabe. Si Charles Martel nâavait pas vaincu Ă Poitiers : puisque le monde juif sâest dĂ©jĂ emparĂ© de nous â que le Christianisme est bien quelque chose de fade - nous aurions bien mieux encore reçu le MahomĂ©tisme, cette doctrine de la rĂ©compense de lâhĂ©roĂŻsme â : le combattant seul a le septiĂšme ciel ! Les Germains auraient avec cela conquis le monde, ce nâest que par le Christianisme que nous en avons Ă©tĂ© tenus Ă©loignĂ©s. »
adolphe.H |
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Mar 30 2012, 05:42 PM
Message
#3
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![]() Lion de l'Atlas Groupe : Conseiller à la rédaction Messages : 19,292 Inscrit : 13-February 06 Lieu : Tournai Membre no 4,485 |
Pfff vu le style , la legereté avec laquelle il parle de sujet serieux , la pauvresse des arguments et de la recherche ça ne peut etre que ces minables de TELQUEL Il a quoi le style? Zouine, malou? Désolé mais j'ai trouvé ça trÚs intéressant. Pauvresse des arguments? Au contraire, l'article dresse un constat sans parti pris et avec assez de recul. Le sujet n'est pas plus sérieux qu'un autre. En tout cas voilà un topic qui va entraßner certains tout droit vers le bannissement! -------------------- |
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Mar 30 2012, 06:08 PM
Message
#4
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Lionceau Olympique ![]() ![]() ![]() ![]() Groupe : Membres Messages : 541 Inscrit : 10-November 11 Membre no 96,739 |
Pfff vu le style , la legereté avec laquelle il parle de sujet serieux , la pauvresse des arguments et de la recherche ça ne peut etre que ces minables de TELQUEL Khouya je partage ton avis, et ces gens la veulent juste faire du bruit pour qu'on parle d'eux, la meilleur reponse c'est lignorance |
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Mar 30 2012, 06:22 PM
Message
#5
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![]() Lion de l'Atlas Groupe : Lions d'or Messages : 12,514 Inscrit : 29-September 04 Lieu : Casablanca Membre no 221 |
j'ai pas lu mais y a déjà un topic sur l'islam non ?
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| Version bas débit | Nous sommes le : 19th June 2013 - 10:19 AM |